Silvio Baldini calme le jeu après deux victoires de l’Italie


Silvio Baldini calme le jeu après deux victoires de l’Italie

Silvio Baldini n’a pas cherché à profiter de l’instant. Après deux succès amicaux arrachés par l’Italie face au Luxembourg puis à la Grèce, sur le même score de 1-0, le sélectionneur intérimaire a surtout insisté sur l’essentiel: rendre service et mettre en lumière une génération très jeune, propulsée dans un contexte délicat pour la Nazionale.

Arrivé provisoirement après l’éviction de Gennaro Gattuso, dans la foulée d’un nouvel échec italien vers la Coupe du monde, Baldini a dirigé ces deux rencontres avec un groupe largement renouvelé. Il avait convoqué 21 joueurs encore jamais capés pour ce rassemblement. Le message était clair: tester, observer, responsabiliser. Et au bout, l’Italie a pris deux petites victoires, modestes dans le score mais riches en enseignements.

Interrogé sur son avenir, Baldini n’a montré ni impatience ni revendication. Il a expliqué que cela lui importait peu, répétant qu’il voulait simplement être utile à la sélection et permettre à ses joueurs d’être reconnus pour le travail accompli avec lui. Une manière de se placer à distance du débat, alors que son nom circule naturellement après ces résultats encourageants.

Silvio Baldini refuse de faire de son cas personnel un sujet

Le climat autour de l’Italie reste pourtant chargé. L’échec à rejoindre une troisième Coupe du monde d’affilée a laissé des traces, et la succession de Gattuso ouvre forcément un chantier sensible. Dans ce contexte, chaque victoire, même en amical, prend une résonance particulière. Baldini, lui, a choisi la retenue.

À la question de savoir s’il allait retrouver son poste chez les Espoirs ou obtenir une nouvelle occasion de diriger les A, notamment au début de la campagne de Ligue des nations en septembre, il a évacué le sujet. Son discours est resté fidèle à la ligne tenue depuis sa prise de fonctions: servir l’Italie, sans transformer cette parenthèse en campagne personnelle.

Le technicien a aussi répondu à ceux qui souhaiteraient le voir prolonger l’aventure. Le ton n’était ni froid ni triomphant. Plutôt celui d’un entraîneur soucieux de son travail, agacé par la rapidité avec laquelle le football colle des étiquettes. Pour lui, la meilleure réponse n’est pas dans les débats télévisés, mais dans ce que ses jeunes joueurs ont montré sur le terrain.

Cette posture a son importance. Elle traduit une forme d’humilité, mais aussi une conscience du moment. Baldini sait qu’il n’est pas au centre de l’histoire. Ce rassemblement devait avant tout redonner un peu de souffle à une sélection fragilisée, et rappeler qu’un projet peut naître même dans l’urgence.

Une Italie rajeunie, un message fort envoyé par Baldini

Le fait marquant de cette séquence tient autant aux résultats qu’au profil de l’équipe alignée. Face au Luxembourg, l’Italie a présenté sa formation la plus jeune depuis décembre 1912. Le chiffre résume à lui seul le pari tenté par Baldini. Dans une période où la Nazionale devait rebâtir, il a choisi d’ouvrir très grand la porte à une nouvelle vague.

Parmi les 21 joueurs sans la moindre sélection auparavant, plusieurs découvraient soudain l’exigence du très haut niveau international. Dans ce groupe, Gianluigi Donnarumma, champion d’Europe 2020, faisait figure de guide naturel. Et, fait révélateur, Francesco Pio Esposito, pourtant seulement âgé de 20 ans, apparaissait déjà comme l’un des éléments les plus expérimentés du lot.

Ce détail dit beaucoup de la jeunesse extrême de l’effectif. Il dit aussi la volonté de Baldini de juger ses joueurs sur leur potentiel et leur capacité d’apprentissage, pas sur leur vécu. Le sélectionneur intérimaire a insisté sur un point: le talent existe. À ses yeux, l’étape décisive consiste désormais à transformer cette matière première en véritable équipe.

Son discours sur les règles va dans ce sens. Baldini estime qu’un jeune joueur franchit un cap lorsqu’il comprend que le cadre n’est pas une punition, mais une ressource. Derrière la formule, il y a une idée simple: la progression passe autant par le comportement que par la qualité technique.

Pio Esposito, visage marquant de cette parenthèse italienne

Dans une équipe encore en construction, Francesco Pio Esposito a pris la lumière avec efficacité. L’attaquant de l’Inter a marqué lors des deux rencontres, offrant à chaque fois la victoire à l’Italie. Deux buts, deux scores serrés, et un nom qui ressort immédiatement de ce rassemblement.

Ses débuts prennent déjà une dimension historique. Esposito est devenu le quatrième joueur à marquer lors de chacune de ses trois premières titularisations avec l’Italie, après Omar Enrique Sivori, Riccardo Carapellese et Annibale Frossi. À l’échelle d’une sélection aussi riche en grands attaquants, la statistique mérite d’être soulignée.

Le jeune avant-centre compte désormais cinq buts en sélection. Avant ses 21 ans, seul Giuseppe Meazza a fait mieux sous le maillot azzurro, avec 11 réalisations. Sans tirer de conclusion hâtive, ce repère suffit à mesurer l’impact du joueur à ce stade de son parcours.

Au-delà des chiffres, Esposito a surtout apporté ce que recherche toute équipe en reconstruction: un point de fixation, de la confiance et des buts décisifs. Dans des matches fermés, où l’Italie n’a gagné que par la plus petite des marges, sa capacité à faire basculer la rencontre a été précieuse.

Quel avenir pour l’Italie après l’intérim de Silvio Baldini?

La question du sélectionneur permanent reste ouverte, même si certains noms reviennent avec insistance. Antonio Conte semble aujourd’hui tenir la corde pour prendre durablement les commandes de l’Italie. Une piste menant à Pep Guardiola, ancien manager de Manchester City, a également été évoquée, preuve que la fédération réfléchit à un profil fort pour relancer le projet.

En attendant, Baldini laisse une impression propre. Pas celle d’un homme en campagne, mais celle d’un technicien qui a remis un peu d’ordre, donné du temps de jeu à une génération neuve et obtenu deux victoires sans encaisser de but. Ce n’est pas encore une refondation, bien sûr. C’est en revanche une base de réflexion crédible.

Le plus intéressant est peut-être ailleurs: dans la confiance récupérée par ces jeunes joueurs. Baldini l’a reconnu, il voulait qu’ils ressortent de cette expérience avec plus de certitudes. Il espérait aussi un peu de réussite, rappelant que la chance compte dans tous les domaines de la vie. Sur ce point, l’Italie a eu ce qu’il fallait, sans excès, juste assez pour valider le travail engagé.

La suite se jouera désormais sur la continuité. Le prochain sélectionneur devra décider s’il prolonge cet élan ou s’il referme partiellement la parenthèse. Mais une chose est sûre: ces deux matches ont replacé plusieurs jeunes dans le paysage de la Nazionale, à un moment où le football italien cherche un nouveau souffle. Pour suivre l’actualité institutionnelle et internationale du jeu, le cadre reste fixé par la FIFA.

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